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  • Heureusement installées

    Aujourd’hui Badiعa et Mama depuis bon matin..se sont installées heureusement.. dans ces endroits déserts réservés aux grandes occasions..qui se font de plus en plus rares chez nous!.. Ces salles immenses qu’on destine aux fêtes et cérémonies..réservées aux invités assidus aux banquets organisés en vue de rassembler tous les fruits de l’arbre familial..Salles en l’occurrence au cours du temps qui passe vide de convives restent souvent délaissées à leur ornementation..trop chargées.. en sofas alignés tout au long des murs en coussins rideaux tapis.. en plateaux théière et bocaux en argenterie pour thé menthe et sucre.. en tables rondes aux pieds sculptés.. dessertes et services d’accompagnement  .. en miroirs gigantesques.. Ce tout qui se sature au fil des années.. !..de poussière de moisissures invisibles !..au fil des années d’absence..d’absence d’usage bienheureux.. d’absence de grandes rassemblées familiales.. ou de grand ménage annuel.. Ces salles lourdes de souvenirs bonne augure issus d’évènements joyeux et aussi de mauvais rappels comme.. ces funérailles célébrées en pompes de personnes bien aimées !..

    Ces salons sont gardés tels quels depuis ixe temps et fonctionnent en charge-mobilier rebutant aussi bien les nouvelles Bonnes qui viennent en prospection des lieux vides.. que les femmes de foyer soumises à leur destin plie-échine et sauve que peut !..Toutes ces femmes qui préservent la contenance de leur foyer au pire et au meilleur degré de leur santé défaillante au cours de leur parcours de bonnes ménagères limité on dirait à l’entretien de leur domicile sans se soucier du fait que.. peut être un jour.. à leur insu.. les lieux vont les expulser dans l’enfer de leur corps meurtri dépendant de ces autres..ces autres qu’elles ont servi et rien d’autre !.. Livrées inévitablement au temps destructeur de la bête humaine comme si on démolissait des montagnes de chair mortelle afin de garantir la matière comme béton armé ! ce mobilier rentré dans la tradition familiale affiliée à son patrimoine socioculturel ! contre la loi de la nature !.. ! koulchi hحssène me’n’na ya bniyeti ! Toutes les choses nous dépassent en valeur ! sont mieux estimées ! confie Mama à sa fille attendrie !..produit de son giron déserté.. d’affection.. de soutien.. de compréhension..d’espoir..veut-elle insinuer par la répétition constante de sa « bniyeti ».. En tous cas Mama est contente de réintégrer ces espaces oubliés.. Elle m’avoue..avec un léger sourire..Depuis que l’hحaje  Be‏ ررada est mort.. depuis plus de vingt deux ans ! je ne m’assois pas ici ! Maintenant ! je trouve ! que c’est bien ! C’est accueillant !.. Les divans sont toujours moelleux ! Quand Fatéma était là ! elle a tout nettoyé ! dépoussiéré ! tout sorti au soleil ! toute seule ! حalloufa ya lal’lla !..un vrai sanglier..une bufflesse.. Elle tirait la charrue dans leur bled ! Tout ce que leur père leur faisait endurer à ces rustres-ses ! Il les exploitait pire que des mules ! ajoute Mama

  • Nostalgie préconçue

    A chaque fois que je pense que Mama a dépassé quatre vingt ans ! et que sa vie peut s’achever d’un jour à l’autre ! je tremble !!! Parce que le temps passe vite ! Et tu ne peux pas être constamment avec elle ! Oui ! pour boire à sa fontaine jamais tarie ! de souvenirs lointains et vivants ! dans sa mémoire toujours fraiche phénoménale !  Je peux te raconter ya bniyeti toute mon histoire ! du jour où j’ai perdu mon père ! f’n’hهar fane matتe b’Bba ! et est descendu f’عaقkébtتe Rasse Jnane ! J’étais encore une enfant de dix ans à peine ! et je suis montée à la terrasse pour suivre de loin ! le convoi funéraire de mon père llah yerehح’mou !  Que dieu ait son âme! Kountت  عanedou  عziiiza w’ral’ya ! J’étais son ainée d’avec yemma ! Car il avait eu un premier fils de sa première femme ! Alors âgé d’à peine quatorze ans ! mon demi frère est mort aussi ! deux ans après mon père ! La mère de ce fils était la cousine consanguine à la mienne ! qui avait fini par prendre sa place ! une fois elle avait perdu son premier mari ! dont elle a eu un premier fils aussi ! Le premier mari de yemma était par simple coïncidence le frère ainé de B’bba !  llahe yerhحame’hهoum bzouje ! Mes demi-frères sont cousins ! Ce frère de mon père était un peu moins âgé que mon demi-frère de ma mère et bien sûr neveu de mon père ! Car il était le fils de son frère défunt ainé ! Yemma a porté le deuil des deux frères ! Morts très jeunes à peine la trentaine ! du vivant de leur mère Lalla l’lleftتa l’llah yerhحamehهa ! Elle m’adorait ! en l’espace d’un peu plus de dix ans cela s’est passé ! ! Je ne sais plus… Je suis restée sur les terrasses levant mes paumes au ciel tout l’après-midi ! jusqu’au soir ! yemma et mes tantes affolées !  se rendant compte de mon absence ! ont mis sur mes traces cousins et cousines ! que j’entendais crier mon nom sans pouvoir leur répondre ! Je me répétais seule face au Dieu qui m’entendait ! Certainement ! Car une fois j’ai assisté ! la nuit sacrée du ramadan ! à l’ouverture du ciel avant l’aurore !  J’ai vu une lumière blanche surgir d’un point de ciel ! puis grandir grandir et devenir presque aveuglante ! je savais dans ma tête et mon cœur que c’était la lumière de Dieu ! Elle m’a traversée et je suis restée figée sur place ! Jusqu’au petit matin ! Béate ! Les yeux grands ouverts ! Je crois que je me suis endormie debout ! Les yeux expansifs ! Car j’ai vu des paysages mirifiques ! Tous émanant du ciel ! Depuis ce jour ! en silence ! et secrètement ! je montais à la terrasse pour méditer et invoquer Dieu mon adoré ! Je me répétais ce jour fatidique qui a vu mon père s’éteindre après trois jours de fièvre ! Il est sorti debout ! aller voir le médecin ! et deux jours après malgré les médicaments ! son oreille en flammes et en pus a éclaté et son âme est partie chez Sidi Rebbi ! Oui je me répétais au continu et à voix haute comme ces tolbas qui acclamaient leurs litanies ! et qui avaient envahi aussitôt notre maison ! les dernières phrases de b’Bba ! Sire ya bèneti هه hila y'wekقfek عla chi حhade w'ye'setتerek n'tina w خotتek w’d’d'dourررiya d'yalek حhetتa l’yawme l’baعeتte !  عAndkoum  خéرrkom vous ne manquerez jamais de rien ! C’était sa présence sa protection son amour qui nous manqueraient toute notre vie à moi et à mes cinq sœurs y compris moulaye Messعoud notre frère fils de ma mère et de mon père bien sûr ! La dernière Marرiya encore dans le ventre de Yemma à juste six mois ! Le reste n’est plus important maintenant ! …Au lendemain de son bain de deuil accompli pendant quatre mois et dix jours yemma a mis son حhayek et a commencé à sortir direction toujours dar خkhalti sa grande sœur qui l’a élevée ! Après la mort précoce de leur mère ! Khخalti a pris tous leurs bijoux armature entière des mariées sur gueb’bba ya bniyeti !  Iy’yàah !  Khخalti ! et qui la commandait au petit doigt ! خKhalti m’adorait et moi aussi ! La seule chez qui je suis allée une ou deux fois avant de me marier ! elle a fait un scandale quand elle a su que son grand frère me voulait pour son fils ! à mon âge ! je n’étais qu’une sabiya orpheline lacérée écorchée assommée par des taillades de couteau des coups de hache ! à la suite de la catastrophe qui nous était tombée dessus comme éssaعiقka ! nous étions tombés sous le joug d’une famille impitoyable ! telles des proies des vaches d’lguerna ! wziعa ya bniyeti ! et qui va profiter le plus ! Yemma telle l’حhmarرa ne sachant où mettre les pieds ! Chmatتa ! Elle ne sortait jamais de la maison du vivant de mon père ! Et la voilà faisant confiance aveugle en certains membres de sa famille proche et lointaine ! ils tenaient notre destin dans leurs mains ! Hحbibi  kane tàriya ! Certains de ses frères fourbes et pleins de convoitises ! b’Bba sidèk ! Hحbibi ! Mon oncle maternel !

    Éclaircissement

    Des lettres d'alphabet arabe ne figurant pas dans l'alphabet française comme le ع, ق, خ, ح , si elles se transcrivent suivant les normes de l'API (alphabet phonétique internationale) elles ne répondront pas à la prononciation d'origine par exemple de l'arabe dialectal marocain. Or le récit ci dessus transcrivant le dialectal en caractères latin se veut respectueux de la langue Mama souche en fond et forme.

    Le lecteur francophone étranger à l'arabe dialectal marocain est en  mesure de comprendre tout le contenu du texte parce que l'auteur traduit souvent en français aprés énonciation dans le texte..

    Un peu d'effort de la part de lecteurs étrangers pour comprendre l'integralité du texte lui donnerait plus de goût à mon avis pour essayer de déchiffrer et traduire...

    Merci ; j'ai toujours revé de marier les langues!  Et là je pratique le mariage de la langue Mama1et 2 en tant que marocaine arabo-francophone

  • Assise sur des épines

    Mama est assise sur des épines dépitée !  Je ne me sens pas moi-même à l’aise! tellement je sens son malaise! je sens que ma face doit lui peser comme toute l’atmosphère alourdie de cette maison! Elle doit couver d’énormes critiques à notre dessein.. comme je la connais! dénigrante et gomme tout! dérangée par cette lumière blanche anémiquequ’elle trouve flegmatique déprimante par l’absence de ses programmes tv! la notre bloquée sur deux ou trois chaines France 24 Aljazira et Tv5 ! Rien n’est à son goût à sa mesure à la dimension de ses besoins propres strictes immuables ! Elle me pose un ultimatum  Demain tu me ramènes chez moi ! Il est vrai que je le veux moi aussi parce que je ne peux pas la sentir malaisée !!! Je m’enlise…aye ! comme si toute la poisse de la terre pesait soudain sur toute ma carcasse et la sienne et l’atmosphère s’en alourdit malgré tous mes efforts de l’alléger avec un plateau thé au jasmin ! des amendes grillées ! une chanson Houssine Slaoui !!! Elle fait une mine terne les lèvres pincées ! Elle doit ruminer toute la lourdeur qui lui pèse et me pèse ..Je vais préparer une حrira ! lui suggéré-je ! Nooonononon ! jusque chez moi et je la prépare ! j’ai tout dans mon frigidaire ! je renonce ! je vais sortir nos fromages et charcuteries accompagnés de salade vinaigrée ! Elle s’installe sur la chaise à table cuisine ! il es où ton mari ? on entends sa voix de présence ! je découpe des morceaux de fromage je les mets dans son assiette des rondelles de salami et de la salade verte j’épluche une pomme je coupe en dés je lui en garnis son assiette qu’elle regarde bizarrement ! Lعarbi appelé par sa femme amusée à répéter Lعarbi vient déjeuner Lعarbi vient dîner! elle le chantonne aji تefter aji تredda aji عتacha ! et sa Mama en trémousse les lèvres ! Quelle chance doit-elle penser pour cet assis aux muscles ankylosés ! Je n’ai jamais connu d’homme ainsi fait ! il ne sort pas ?!!! tiens on l’entends annoncer sa présence avec ses ronronnements dubitatifs ! il s’installe à son tour aime le menu ! il aurait souhaité prendre un petit verre et jubiler la dessus son second plaisir des heures affamées de myriades de francs caractères filant au bout du majeur appliqué à coincer quelques uns cloué sur son séant cloué face au rectangle animé ! et sentant sa faim des boyaux désemplis il va se dégourdir se mettre difficilement sur ses poteaux et s’amener en cuisine quand sa femme s’attarde à l’appeler pour combler ses besoins nutritifs de l’estomac bedonnant ! son second plaisir désormais !