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Le temps vide de moi

 

 
 
 

A chaque fois qu'elle s'avise de quitter un lieu pour un autre. Elle veut le faire à la manière proustienne..

''Seule la perception erronée place tout dans l’objet, quand tout est dans l’esprit", note *Marcel Proust. Et Badi-عa se détache absolument de tout ce qui dérange sa pensée, alourdit son existence matérielle ''vulgaire'' depuis ixe temps. Elle veut oublier cet univers d'objets envahis par la poussière et les moisissures qui l'étouffent...Les êtres et les objets embrouillent sa perception de la réalité. Elle veut sentir son esprit planer, planer comme ''L'Albatros'' de Baudelaire...et ses souvenirs couler comme l'eau de la rivière sur des pierres ponces blanches..

C’est dans les règles tracées par sa propre justice, par probité strictement personnelle, qu’elle se fixe, de temps à autre, une ligne de conduite à tenir, quitte à choquer certains esprits mal avisés sur la nature des femmes sensibles, spirituelles et honnêtes.. Elle ne permettrait désormais à personne de lui mettre des obstacles à cette disponibilité acquise dans la houle des circonstances menant son esprit librement, avec ténacité, vers l’histoire de son enfance, de son adolescence, vers la reconstitution de sa première jeunesse, de son être dispersé, de sa vie grosso-modo bouleversée, vers la pensée à son avenir obscur tout court. Elle se considère avoir été arrachée à son ''élément'' à une période où toute jeune fille encore étudiante, espère quitter sa famille, son pays, construire un avenir brillant, franchir ses rêves, et surtout faire un bond vers l’autonomie et l’indépendance. Et à peu prés arrivée au bord de ses espérances, voilà que toute sa destinée a pris un autre tournant. C’est dramatique, quand elle y pense avec concentration et recul, à ce temps irrécupérable qui fomente des erreurs fatales selon elle. Elle a vite constaté que son entourage regorge de pauvres égoïstes qui ne pensent qu'à contenter leur ego au détriment de tous les autres... En supprimant l'autre tout simplement, observe la jeune femme désabusée.

Maintenant elle me prie de la laisser se délecter de cette petite liberté provisoire volée à d’autres cassettes. Elle a aussi tendance à positiver son parcours de vie et le mener vers des instants réjouissants, suivant sa nature de bonne vivante qui tolère les caractères arrogants et les humeurs malsaines de quelques personnes qui vous gâchent instantanément votre journée mine de rien.. Sinon, elle médite longuement sur ses incapacités à lutter contre les rouages de son histoire parsemée de haltes illusoires.

Que peuvent représenter quelques rêves intimes d'une jeune femme de nature rebelle qui refoule ses désirs face à un entourage indifférent?, mijote la jeune femme comme prise dans son propre piège. Elle ne cesse de les nourrir, au détriment de sa conscience ''fri-vole-r-isée'' soit-disant, qu' elle réside dans un espace, ou un autre..

Quand le besoin de me sentir ''infiniment-moi'', me reprend, dit Badiعa, il se mêle chez-moi avec toutes ces exigences du quotidien. Alors soudain saoulée, sentant le bol déborder, je rejette toute convention tracée dans une réalité que je juge plus que médiocre, que je ressens plus que pauvre, moribonde, contraignante, ingrate...et je plonge dans mon univers mental.., car cette réalité m'empêche, moi cet être bouillonnant de rêves et d'engagement pour une bonne cause, de me réaliser aux confins de mes désirs de *Mama-Théréza./Mère Teresa de Calcutta(1910-1997) .

Désirs ''idiots, anormaux'', ''difficiles à assumer'', jugent des personnes bien-avisées, (désirs forcément réalisables pour d'autres..mais pas forcément pour moi) que j'ai envie de réaliser avec toutes mes belles incapacités et naïvetés, franchissant tous les obstacles de l’irréel du passé et du présent... dans mes rêves.. Je pense que seul notre univers mental nous appartient dans ce monde de fous-furieux et d’égoïstes vampirisés..ce monde où combien d'incapables ne réalisent pas leurs rêves-projets..

La revoilà qui se retourne vers sa nature de femme qui est constamment à la recherche de soi.. La raison pour elle de disparaître de la vue de quelqu’un, baignerait dans une sorte d’''égotisme'' jugée affreux, anormal.. Enfin, il faudrait assumer son choix, pense-t-elle. Mais quel choix?

Celui du cœur ou celui de la raison?, se retrouve-t-elle à soupeser dans ses nombreuses cogitations.. Cependant, quoiqu’elle désire faire, tiraillée par son esprit malmené, elle perçoit que des maillons invisibles la retiennent là où ailleurs. Là, où elle est abasourdie par les réactions des uns et des autres. Elle s'assourdit, ferme les yeux et l'esprit, et agit comme un automate programmé. Elle s’oublie, elle s’affaire, elle se consacre au service de cet autrui, proche, aimable ou étrangement lointain, hautain, indifférent, et insaisissable.., elle s'acquitte de ses soi-disant devoirs du quotidien affamé de gestes à accomplir sans relâche, sans repos, sans merci.. Elle en est constamment ahurie par certains comportements imprévisibles de son prochain ; sa réaction aussi est-elle imprévisible. Puis à nouveau, elle se sent affreusement grugée en constatant autant d'ingratitude que d'arrogance animer quelques personnes si proches....

Il lui reste un seul objet fidèle et compacte, son PC qu'on veut aussi lui partager...., sinon le bousiller, cas échéant...

 

Ce sera la folie furieuse des jours furieux..

Imaginez les affreux du PC..Cela mérite une étude.

 

*Marcel Proust, auteur d' '' A la recherche du temps perdu'' jusqu' à ''Le temps retrouvé''

 

 

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