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Histoire de femmes

L’histoire se résume en deux citations, celle de Jean Paul Sartre : «L’enfer c’est les autres», et celle d’André Gide : «Famille je vous haie». Vous allez comprendre pourquoi.

Actuellement il existe des milliers de femmes actives qui vivent imperceptiblement une nouvelle forme d’Esclavagisme dans notre société moderne, à savoir la vie de ménage qu’elles mènent dans leur foyer. La femme fonctionnaire est non seulement esclave de son travail mais aussi de son foyer. Elle connaît dès lors des peines insoupçonnables qui la mènent vers une espèce de suicide lent et inaperçu. Le problème de ce genre de femmes est d’ordre existentiel ; et c’est souvent lié aux ''Histoires de Bonnes''.

Les ‘’histoires de Bonnes’’ sont devenues un Sujet récurrent dans notre entourage, vue la polémique qu’elles suscitent dans tous les milieux de notre société urbaine. Les personnes les plus touchées par ce phénomène d’ordre socio-familial, sont ces citoyennes de petite et moyenne fonction publique et privée. Celles-ci, dépassées par leur train de vie, tellement elles sont toutes affairées, sont souvent stressées par le rythme affolant des journées-marathon qu'elles doivent accomplir, liant entre leur boulot, leurs enfants dont il faut s’occuper constamment, les repas à préparer…, enfin tous les besoins du foyer à entretenir en permanence en sus de leur profession. C’est pour se faire aider que toutes ces femmes ou presque sont en quête de Bonnes, de nounous, ou de femmes de ménage. Elles espèrent leur aide précieuse afin de mettre de l’ordre dans leur vie de ménage. Car le besoin des domestiques s’impose.

Autrement dit, la présence d’une aide domestique devient vitale à celles qui se trouvent dépassées, trop fatiguées, épuisées par le rythme assassinant des travaux ménagers et celui du boulot qui leur sont assignés. (Ces deux fonctions sont souvent difficiles à concilier chez une femme qui se trouve dans une société dont presque toute la structure de base est défaillante.) Une fois engagée, la servante fait partie intégrante de la famille. Elle devient vitale et domine par sa présence constante et le rendement de ses services quotidiens. Son absence créerait le chaos dans cette maison où maman et papa sont absents à longueur de journée. Sachant que les ‘’bonnes crèches’’ et les ‘’bonnes maternelles’’ sont rares, coûtent cher ou se trouvent très loin du domicile. Quand la désorganisation et le manque d’argent frappent un couple avec enfants, le déséquilibre s'installe et les responsabilités deviennent comme une montagne à aplanir plus pour la femme que pour l’homme.

Toutes mes collègues femmes se plaignaient, raconte Badiعa ; elles ont de quoi ! Si la retraite anticipée assurait une bonne pension pour ces femmes excédées par le travail boulot/foyer, je crois que ma génération de femmes fonctionnaires partirait sans plus tarder avant l’âge de 45 ans. Mais je ne sais pas est-ce que la retraite anticipée va leur résoudre l’affaire…  

 

Vous comprenez pourquoi Badia pense que l’enfer ce sont les autres et pourquoi on peut ressentir parfois la haine de sa famille ; cette famille qui vous réduit à une sorte d’esclavage qui vous assujettit complètement, mine de rien. Un mode de vie contraignant, abrutissant et ingrat.

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