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La Génération CCCC avance

(Connexion / Communication / Collaboration / Créativité) Parallèlement à tous ces événements suscités par le printemps arabe, poursuit Badia, la langue médiatique nationale des jeunes alphabétisés s’enrichit, jouissant de nouveautés accordées au code oral et écrit qu'ils affichent spontanément à travers les réseaux sociaux comme FB et autres.

J’entends visiblement : Réveillez-vous, al 7ebabe hada zmane l7ourriya we dimokratiya ! Baraka mén n3àaaaaaaasse !

Les appels à la liberté et à la démocratie font bon écho auprès des jeunes sur Facebook. Je viens juste de rencontrer une ancienne collègue qui se plaint de trouver des expressions trop charabia sur ses copies. On dirait qu’ils écrient leur rage sur FB, a-t-elle ajouté, ce n’est pas possible !

Comment va-t-on gérer notre génération CCCC à la marocaine, lancée dans la communication créative évolutive?, pose Badiعa.

D’autre part, nos élèves des écoles publiques en peine d’assimilation des règles de rédaction en ces deux langues arabe classique et français, pendant les cinq ou six premières années du primaire, ne répondent pas aux objectifs de la méthodologie communicative qui a remplacé celle structuro-globale audio-visuelle depuis quelques décennies. Telles méthodes, toujours calquées sur celles de la France, reprises par nos responsables du MEN, négligent souvent les vrais besoins de l’apprenant du FLE ou de l’arabe classique langue aussi étrangère pour un grand nombre des natifs du pays polyglotte. Ces deux langues d'enseignement, tombent comme du ciel sur des petits écoliers issus pour la majorité de milieux populaires mono-glottes et dont la plupart des parents sont analphabètes, méconnaissant les rudiments des deux langues super rhétoriques qui sont en vigueur dans l’enseignement national. Ces écoliers ne sont donc ni préparés ni disposés à assimiler les mécanismes de langues non maternelles. Et ceci, revient à plusieurs facteurs. Entre autres, l'absence d'une infrastructure scolaire dans les milieux ruraux et la rareté d'enseignants autochtones capables de communiquer avec les élèves dans leur dialecte régional. Le problème linguistique se pose aussi dans les villes ; car les écoliers, sont souvent livrés à eux-mêmes. Même les parents lettrés souffrent quant à aider leurs enfants afin de suivre l'enchaînement et l’évolution des programmes souvent trop ambitieux, sinon déphasés par rapport au niveau réel de ceux-ci. (Ceci est équivalent pour les enfants urbains et ruraux).

L’enseignement actuel des langues étrangères, accorde toute son importance à l’oral, favorisant surtout le besoin de la communication orale plus que l'amour de la culture, de la rédaction et de la créativité littéraire à travers l’écrit. Aussi l’écrit est-il délaissé ou mal exploité. L’élève en manque d’exercices écrits dans les classes de langue, au cours de l'année scolaire bien chargée en programmes ambitieux, dépassant les capacités des enseignés et enseignants, (cet élève excédé), se trouve par conséquent en un court cursus d’apprentissage intensif au primaire, puis passant au secondaire, faible en rédaction. Il sera sanctionné sévèrement en quelques matières, passant par l'écriture d'un texte en due forme comme par exemple en histoire, en géographie, en philosophie, en sciences naturelles…etc. Les fautes de langue soumise aux règles de la grammaire et de l’orthographe vont dénaturer sinon rendre illisible son rendement (son texte). Ainsi, les règles et les automatismes d'une langue donnée, non digérés depuis le départ, se trouvent rejetés délibérément par des élèves rebellés instinctivement contre tout un système d’enseignement qui ne répond guère à leurs attentes, qui les bloque et fait fausse route.

 

J’ai l’impression parfois que plusieurs d’entre nos élèves se vengent de tout le système en se montrant récalcitrants à tout apprentissage de langue officielle ou seconde. En arabe, leurs professeurs vous citeraient des exemples rigolos comme غدوا أديرو شؤني لمنزلية لعاونني بويا, c'est-à-dire : ''demain j’ferai mes affaires de la maison (mes devoirs hors classe) si père m'aide'' C’est grave!, c'est une honte pour un tronc commun (première année du lycée) de rédiger en arabe dialectal!, dira l’enseignant d'arabe classique. Ce même élève écrira en français : mama faire moi mangé..; l’enseignant de français trouvera que ce n’est pas aussi grave, ça se comprend aussi bien que mamon fire moneji mwa.. hhhhhh…ou mama non travayer ell fame d’ mézon, pas d'saleire, papa furiouze ! (L’orthographe française est aussi absurde parfois).

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