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une douce compagnie se fait dans l'harmonie des lieux aimés. mam

  • Ma ville adulée

    A cet instant, Badiعa et sa mère restées seules depuis cinq jours déjà, espèrent voir quelqu’un entrer. Comme si la présence actuelle de celle-la avec Mama, décourageait quelques visiteurs potentiels. Les frères et sœur de la ville semblent déserter le lieu marâtre pour plusieurs jours d’affilée.. Badiعa, pourtant, se sent joyeuse; elle s’entend psalmodier dans son cœur et sa mémoire un chant doux, elle se le répète à voix haute: Fés, tu résides en moi en Souveraine des Reines-Mama-حbiba(mama-chérie)!.

    Oô Fès ma céleste, roucoule Badiعa, finement, au souvenir de Badi-Bada-Badai, la bêta-fane accroc à sa ville.. Elle n'y est pas née, mais c'est la ville adulée de toute son enfance et de sa première jeunesse. Ceci, avant de se marier et de partir vivre avec son mari dans sa ville à lui. Sa première ville d’adoption vit en elle à tout instant.. Quel destin peut parfois unir des êtres si lointains, si différents. Elle pense toujours pourquoi ''Lui'' maintenant, alors qu’ils sont tous les deux en retraite, ne fait pas l’effort de la suivre aussi, en échange à toutes ces années de service qu’elle lui a accordées dans ses fiefs à lui. Elle ne sait pas pourquoi elle parle de services. Drôle de pacte !, le mariage tel qu’il est conçu dans mon entourage! C'est ainsi que pense souvent Badiعa, modérant son trouble et remâchant sa pensée.

    Badiعa constate que sa présence chez sa Mama, freine les visites de prospection et de protection de ses frères et sœurs. Elle espère voir venir l’un d’eux, ou voir descendre sa sœur de l’étage leur tenir compagnie à elle et à Mama. Elles, ces demeurées d’en bas. Juste histoire, affirme la jeune dame, ou matière d'arrière fond ou plan, histoire de discuter un peu d’autre chose que des Bonnes parties et reparties, et de celles à chercher encore interminablement. (Sujet ressassé, à laisser reposer, j’en conviens). Juste pour quelques jours Mama, s’il te plait!!!, implore Badiعa exaspérée. Oui, ya bniy-°ti, tu es la seule qui comprend ta Mama, ya'ع°ték s't°رrr wرr°da. (Protection et bénédiction divines sur toi), répond Mama, rassérénée par la compagnie douce de sa fille.

     

    Badiعa ressent en ses entrailles la bonté du marabout de Fès, Idriss II qui a sûrement été inspiré par Dieu lorsqu’il a annoncé à son public d’alors ce discours célèbre: «Ô Dieu, Tu sais que je n'ai pas construit cette ville par vanité, par désir de renommée ou par orgueil. Mais je voudrais que tu y sois adoré, que Ton Livre y soit Lu et Ta Loi appliquée tant que durera le monde. Ô Dieu, guide vers le bien ceux qui y habitent et aide les à l'accomplir, voile à leurs yeux l'épée de l'anarchie et de la dissidence… » , n’est-ce pas beau?, de retenir dans ses oreilles et dans son cœur les paroles du Saint homme fondateur de cette ville?!