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Textes selectionnés

  • Fétichisme moderne

    Depuis que Badiعa est en retraite anticipée, elle ne sort plus de chez-elle ; et par la même occasion, elle ne veut plus engager une Bonne ou une femme de ménage. Elle tient à se débrouiller sans. Car leur nature à ces domestiques la déprime, me confie-t-elle. De plus, elle voudrait tant changer ce mode de vie bourgeois mené dans son entourage. Elle constate de plus en plus que celui-ci a été envahi par un esprit de consommation outré ; et les consommateurs n’arrivent plus ni à modérer ni à freiner leurs envies ; s’en abstenir, ce serait éviter tous les bienfaits du confort qu’ils convoitent.

    Badiعa, après plus d’un quart de siècle de travail hors foyer, et après combien d'années consacrées à faire des achats illimités, (comme si elle avait été dans le passé programmée à faire autant de courses multiples, à droite et à gauche, afin de combler tout l’espace disponible dans son intérieur), constate présentement que celui-ci est trop chargé de meubles, de bibelots et d’appareils ménagers de toute dimension qui ne servent à rien. Elle ne comprend pas pourquoi elle s’acharnait à combler tous les coins de la maison avec autant d’objets inutiles. Elle n’a plus la force de fonctionner ou faire fonctionner ce qu’elle appelait les agréments des lieux habités. Elle visait plus une certaine esthétique des lieux qui répondait à sa passion pour l’achat d’objets farfelus et d’appareils ménagers commodes et pratiques selon ses propres besoins de maitresse de foyer que répondre à l’utilité en elle-même de ces objets qui prenaient une place dans la maison sans plus. Juste un ramassis d’objets *fiche-fétiche d’apparence qui accrochent le regard au départ mais perdent tout leur charme avec le temps et deviennent encombrants. Elle voit que ce tout, faute d’entretien permanent, est envahi de poussière ou largué dans les placards-oubliettes. C’est difficile d’entretenir tout ça !, se lamente-t-elle. On dirait qu’elle et son mari avaient conclu un pacte-pari : ‘’Qui va acheter le plus, serait récompensé’’... Et le comble, constate Badiعa, c’est que dans notre culture du cumul ou de l’accumulation de multiples propriétés et objets au cours de notre vie, nous n’apprenons pas encore à nous débarrasser du superflu et de toutes ces vieilleries qui s'entassent et occasionnent chez-nous des remue-ménage ingérables. Nous ne faisons que amasser, assembler, empiler, amonceler, emmagasiner, collectionner... C’est problématique les acquisitions que se font certaines familles dont l'esprit de la propriété s'exacerbe au fil du temps jusqu'à devenir une maladie chronique.

    *Le mot ‘’fiche’’ chez nous renvoie au snobisme et à l’apparence collés à l’esprit bourgeois.

    Le mot ‘’fétiche’’ qui désigne l’adoration d’un objet culte, prend ici une autre signification suivant la fonction matérielle que peut lui donner le consommateur moderne par rapport au système capitaliste et aux sociétés industrialisées qui ont amplifié l’esprit de consommation chez le citoyen en donnant aux produits du marché plus que leur valeur réelle.Sachant que nos sociétés produisent toutes sortes d’objets. La publicité les rendent tous désirables, engendrant une frénésie de consommation et beaucoup de gaspillage. Badia se demande comment peut-on guérir de cette ''frénésie'' de posséder des objets qui avec le temps deviennent inutiles et encombrants ? Elle se rend compte de plus en plus que la société de consommation moderne ne fait que cultiver des tares.

  • La Ritournelle

    .Elle crie justice et intégrité. Elle vient jusque chez-vous et vous crible de ses mensonges et diffamations. Vous sautez de votre place pour la remettre à sa place. Elle continue à sortir des aberrances, à dire tout à l’envers, vous crible de ses dénégations et vous mord en pleurant. Elle dit qu’elle ne comprend pas … elle comprend tout de travers, crie et ne veut pas entendre ni comprendre la voix de la logique universelle s’il y’en a …Celle qui est horrifiée, se met debout et crie au scandale. Comment peut-on à un niveau d’intelligence confondre ce qui est clair, tangible et crier à la face de l’autre des calamités…

    Il y a cinq ans de cela le mari devait acheter un ordi pour sa fille à Marjane. On trouve que la fondation Mohammed six fait une réduction de deux mille drh pour l’achat de pc à condition que la personne ait un abonnement avec Maroc télécom sur internet …On ne dispose pas de carte Mohammed six ; on demande à madame sa sœur si elle peut faire cette faveur …Elle accepte mais elle n’a pas d’bonnement internet avec Maroc Telecom. Alors elle le fait en son nom bien sûr et on lui accorde la faveur du pc qui revient à sa nièce… Cette faveur n’est accordée qu’une fois à la personne demandeuse. C’était clair.

    Après cinq ans de va et vient et de litanie sur cette histoire qui n’en finit pas… madame n’a pas compris pourquoi elle s’est abonnée sur internet et pourquoi elle a fait ce geste…Elle se voit roulée et colle tout le méfait sur le dos de sa belle-sœur qui n’a fait que accompagner le geste et a ajouté cinq cents drh aussi pour l’achat de ce PC qui revient à sa fille… Elle a trouvé ce geste beau tout simplement et l’affaire pour elle a été close.

    Mais pour son grand malheur, elle ne va pas comprendre pourquoi la belle-sœur soi-disant ignorante, elle ne savait pas ce qu’elle faisait. Car elle vient à chaque fois lui taper à l’oreille : je n’ai pas de PC, on m’envoie des factures d’internet, je ne comprends pas…L’autre lui dit tout bêtement, mais achète un pc et profite de ton abonnement, c’est simple comme bonjour. En plus cela ne fait même pas Cinquante dirhams par mois avec la réduction Mohammed six sur l’Internet pour les enseignants ! Elle s’en va et revient une autre fois et chante la même histoire : je n’ai pas de Pc et on m’envoie des factures...je ne comprends pas…L’autre est ahurie. La belle-sœur revient une autre fois et dit, je ne veux pas payer ces factures, je n’ai pas de PC, je vais résilier le contrat…L’autre lui dit les PC ce n’est pas vraiment cher, tu peux t’en acquérir un et profiter de ton abonnement… Elle s’en va, fait combien de démarches auprès de Maroc Telecom. L’autre ne suit pas l’affaire ; tout juste elle ne comprend pas pourquoi cette dame riche qui se paie chaque année des voyages organisés à coups de millions, n’est pas capable d’acheter un mini Pc et profiter de son abonnement sur internet…

    La revoilà la belle-sœur revenir et taper aux oreilles sa rengaine, je n’ai pas de Pc et j’ai résilié le contrat après combien de démarches et de conseils d’amis ; je n’ai pas à payer cet abonnement car je n’ai pas de PC ; c’est de l’ordre de 8OO drh. La belle-sœur saoulée par cette histoire qui se répète d’une année à l’autre, répond tout simplement, oui c’est logique, tu as bien fait. Quand tu auras ton Pc tu te réabonneras.

    Jamais la belle-sœur ne tape aux oreilles de l’acheteur de l’ordi qui a demandé cette faveur. C’est sa femme à l’acheteur qui reçoit toute la matraque de l’histoire de la faveur qui a mal tourné. Car madame maintenant est persuadée d’avoir été abusée parce qu’elle ne comprend pas, comme ellele répète à chaque fois. Cela devient une litanie, à chaque fois qu’elle vient leur rendre visite ; elle le répète.

    Et enfin, on apprend qu’elle s’est acheté un Pc, alors on la félicite pour cet achat d’ordre vital pense la femme saoulée par l’histoire ré racontée.

    Mais Il lui faut une autre année à celle qui n’arrête pas de faire des démarches dans le sens de la réduction volée auprès de Maroc télécom et de ‘’je ne comprends pas’’ pour se réabonner…Elle ne dit pas clairement qu’elle cherche à avoir à nouveau la réduction sur le prix du PC et sur l’abonnement internet. Elle est fermement persuadée qu’elle a été roulée par la belle-sœur qu’elle dit avoir été à l’origine de cette histoire. Celle-ci ne se rappelle pas cet incident d’ordre diplomatique qui la poursuit depuis cinq ans. Elle se rappelle tout simplement la démarche pour obtenir la réduction du PC acheté par monsieur pour sa fille et « le beau geste » de la tante qui se persuade de plus en plus qu’elle a été roulée dans cette affaire d’accord de faveur à sa nièce et à son frère.

    Cela commence vraiment à dégénérer.

    ET puis voilà le téléphone sonne. Après les salamalecs du contrat social, celle qu’on croit avoir entrainé ''la Roulade'', entend : vous avez pris le modem, mon modem….Quel modem ?, va questionner l’autre au bout du fil. Lorsque je me suis abonné sur internet tu as pris le modem, affirme la voix accusatrice. L’autre voix franchement saoulée par cette histoire de débile s’anime : Mais qu’est-ce que je vais faire avec ce que tu appelles modem, ton modem ?  Franchement ton histoire me fatigue…coupure du fil…

    L’accusée est à nouveau ahurie. Mais comment ose-t-elle l’accuser et la persécuter de cette manière ? Ras-le bol. Elle essaie d’expliquer au mari sourd que sa sœur déconne vraiment. Il dit avoir compris et qu’il va lui téléphoner pour lui expliquer. Il n’en fait rien. La femme en est toute bouleversée et malade…Elle ne comprend pas comment un professeur universitaire puisse tomber aussi bas et accuser à tort en affirmant sa soi-disant ignorance. C’est insupportable. Elle a beau être tolérante, elle finit par exploser.

    Et voici le jour scandaleux... Comme à son habitude, l'accusatrice zélée, sans se faire inviter, vient pour s’offrir le déjeuner du deuxième jour de l’عide. La belle-sœur accusée sent le climat se tendre et les mauvaises ondes circuler. Le regard et l’haleine de la convive sont mauvais. On est venu pour rouspéter contester accuser et crier des mensonges ahurissants. C'est une vielle habitude qui a souvent marché à cent pour cent avec le frère. On entend après s’être rassasié à satiété du bon déjeuner préparé par l’hôte de la ritournelle à martyriser cas échéant... Elle entendra : vous avez fait l’abonnement sur internet à mon compte, en mon nom, j’ai le contrat. L’autre va sauter de sa place : mais elle est malade celle-là, comment peut-on faire ça ? Moi je me suis abonnée sur internet avec Maroc Télécom des années avant cet incident qui nous poursuit depuis cinq ans… Elle est furieuse. Elle essaie d’expliquer à « l’ignorante » qui ferme les oreilles et parle sans cesse et ne veut rien entendre, toute prête à attaquer dans le tort, à mentir et à nier mine de rien sans aucune gêne, son frérot assis sagement à côté d’elle, il ne parle pas. Il n'est pas connecté. Il fera aucun effort pour comprendre. L'accusatrice zélée persiste à se croire avoir été éconduite et abusée par la démone des lieux qui se démène à vouloir expliquer en vain…Elle ne veut rien entendre ; elle a son raisonnement ; elle a ses arguments tirés par les cheveux et les conseils d'amis ! Elle accuse et dit beaucoup de mal de la démone ahurie qui se met en colère contre cette butée intolérable, cette sourde qui ne cesse pas de parler et ne veut rien entendre et se clame « innocente », « intègre » « et crie à l’injustice ». C’est le bouquet de tous les malentendus et de tous les sous-entendus, de tous les mensonges et de toutes les dénégations ; et la mégère s’enfonce de plus belle dans ses médisances et dans sa mentalité de rétro. Elle insulte et dit beaucoup de mal, accuse sans aucune vergogne avec sa langue de mégère. L’autre ne sait que crier : elle est malade celle-là ! Dieu jamais je ne veux plus ni la voir ni l’entendre, jamais je ne veux avoir affaire à elle, c’est fini, fini, j’en ai marre de toutes ces histoires de fous ! Fous ! Fous !

    Et L’autre comme d’habitude, se tait et prend position. Car les sourds s’entendent bien entre eux et croient la même chose quand il s’agit de leurs propres intérêts.

     

    La jeune fille dans son ingénuité veut rompre les affronts et remettre les effrontées en bons termes. Mais l’accusée à tort est à la recherche de la vérité et connaît parfaitement le côté comédien et hypocrite de la belle-sœur qui travaille son image en permanence devant la famille et la société. Elle va comprendre que celle-ci a bien su jouer son rôle de « l’ignorante » qui répète ''c’est aussi ma fille !'' Elle regrette son geste et toutes ses démarches faites auprès de Maroc Telecom c’est pour reconquérir la faveur de la réduction. Alors sans vergogne, elle va traiter sa belle-sœur d’usurpatrice de contrat et l’accuse d’avoir pris le modem. Elle fait même le cinéma dans la boite devant les administrateurs en disant est-ce que vous avez pris le modem ? Elle doit crier à droite et à gauche qu’elle a été abusée par la belle-sœur qui a fait l’abonnement en son nom et elle ignore toujours ce qui s’est passé !

    Oh la saleté, elle lui en voudra à mort ! Et la jeune fille ingénue qui les a obligées toutes les deux à s’embrasser et dire ''laye saméح,  safia labane'' le comble des combles, ma safia labane walou !

    Oh la saleté la traiter d’usurpatrice en plus usurpatrice de contrat ! Elle, avoir fait l’abonnement sous son nom ! et l’avoir privée de la réduction méritée puisque c'est elle qui a la carte Med VI ! Elle a dû depuis des années courir pour convaincre Maroc Télécom que sa belle-sœur a utilisé son nom pour faire un abonnement et avoir cette offre de réduction et elle c’est l’ignorante abusée ! Et elle est l’innocente qui ne fait que du bien autour d’elle ! Et l’autre makaحتhchemsssss ! L°mawazine m°قlouba !

     

    Et le frérot est sage sur sa chaise ! Vivra verra et entendra, dirait Mama. Ils sont forts dans la comédie. Comment classer cette affaire ? C'est une autre cassette dans les reliques de Badiعa.

  • Le Net et le Généreux

     

    Et qu’en dis-tu de tous ces autres amoureux du contact virtuel et qui pratiquent leur lecture, dans leur hâte de consulter le maximum d'informations, à travers la rubrique de ''mar' à l’kirame''? comme on dit chez-nous,(du passage des généreux)?, me demande Badiعa. Quand on dit chez-nous, «iwa dirli mar al kiram, douze b°lخخéf»(fais-moi le passage des généreux, passe léger), je veux bien savoir ce qu’on insinue dans cette situation.

    Je lui réponds comme je peux, je lui dis que sur le plan stylistique c’est une litote, on dit le moins pour insinuer le plus.

    Mais non, c'est une antiphrase, remarque Badiعa.., on insinue le contraire! Le généreux égale avare dans ce cas. On peut comprendre ainsi que toute générosité est calculée, (remarque-t-elle). Cela peut vouloir dire, (poursuit la jeune femme prise dans ses explications personnelles), si tu es généreux et tu as des dispositions pour le don de toi et pour la charité, sois bref, ne reste jamais plus de deux secondes à la même place pour ne pas obliger ton grand cœur à céder aux dépenses de toutes sortes. Autrement dit, ne sois pas expansif dans tes largesses, on t'incite à être avare, quoi! Trop de générosité ou de don de toi peuvent te perdre.

    Oui, c'est à peu près cela, l'abstention est louable, autant tu t'abstiens, autant tu te préserves. C'est aussi favorable à l’esprit d’économie et de renonciation conseillés par les religions.

    (Nous pensons la même chose)

    Comme si la générosité du cœur, de l'esprit, le don de soi, affirme Badiعa, étaient devenus une tare dans nos sociétés modernes. Nos concitoyens sont surtout motivés par la consommation du virtuel attaché au luxe et au confort des sens affamés, et ceci se fait à travers les médias qui ne peuvent plus marcher sans connexion à internet. La radio et la TV vont peut être disparaître bientôt des maisons de notre nouvelle génération de jeunes accros au PC.

    Cela, ajoute-t-elle, me renvoie aussi en tête ce spectacle de paraboles infinies sur les toits des baraques de nos bidonvilles. Nos peuplades démunies se nourrissent à travers les écrans de leur télévision, notre jeunesse oisive à travers les échoppes de Cyber-net et nos intellos à travers leur PC connecté à l'occident.

    Au fait, si je comprends bien, déduit Badiعa, l’kirame (ces généreux, par leur passage et regard hâtif, (dans ce genre de situations relatives à l'effort intellectuel, combien stérile en soi dans nos milieux),se détournent de l'espritde générosité associé à la quête de la connaissance et du savoir évoluer, en l'occurrence encouragé par l'islam qui prêche pourtant la culture du savoir. On dit bien «*outloobo l°'ععil°ma mina l°mah°'di ila lla'حه°di», nous répétait Baba. *(Faites la quête du savoir du berceau au linceul, conseillait mon père.)

    En outre l'insouciance réservée à la culture actuellement, est un virus qui a attaqué les peuples incultes par vocation. Ceux-ci occupés par leur existence limitée se contentent de gagner leur pain et se reposer, les autres, suffisants par arrgance, se limitent au superficiel et au virtuel. Aussi pour les uns et les autres, leurs désirs ne se matérialisent-ils jamais.

    Je connais quelqu’un, raconte Badia, qui reste plusieurs journées fixé sur des propositions de gain d’argent numérique et sur des prévisions de voyante à la quête d' internautes potentiellement préparés à expertiser leur curiosité naissante. Mama dirait ''wkane l'خخoo'خخey°dawi, y°dawi rassou; b'ححal lli kat'ققoullo aji ya l°f'ققin°s'ححérl°kععan'd خخalti'' (Si la pêche tarée guérissait son consommateur, elle se guérirait d'abord la première, comme si tu disais au fkih-mage, viens je vais te chercher des recettes magiques et envoûtantes chez ma tante la sorcière).

    Il paraît que des sommes d’argent phénoménales sont proposées par de vieux riches parasites célibataires soucieux de léguer leur fortune à des personnes sélectionnées, je ne sais comment! Alors cet internaute assidu fouine, fouine tous les sites susceptibles de le dédommager de tant d’intérêt porté à la chose. (Il se croit très intelligent en jouant au débile, celui-la!, pense Badia). Je ne vais quand même pas succomber à leur charlatanisme, je veux les dénoncer, accuse le fanatique de l'info. Ils ont leur source en Côte-D’ivoire, a-t-il découvert, et ma foi leur jargon est hautement emprunté à la jurisprudence!,( entend Badiعa cafouiller dans la bouche de l'internaute dévoué.)

    L'argent facile tente tout le monde!, estime-t-elle.

     

    Et tu constateras,(encore sur notre FB), poursuit Badiعa motivée par ce sujet, ''zéro j'aime'' sous la publication d'articles littéraires de la part des consultants-es quisont juste intéressés-es par des nouvelles brèves de faits divers, ou par des clips vidéos. Par contrele nombre des ''j'aime'' excède les centaines sous la publication des chansons style moderne ou celles classiques ressuscitant les anciennes vagues de chanteurs. Les commentaires-éloges aimables foisonnent et témoignent de l'émerveillement instantané de la Face Béate qui se manifeste illico sur le rectangle bleui.

    Oh!, c'est juste un petit «merci de nous rappeler...». Et au diffuseur de répondre: «Hada mine wajibi», en arabe classique. (Ceci, est de mon devoir, réplique l’amphitryon des chansons oubliées).

    Bada toute attendrie Face Béate, aime bien ceux qui se fabriquent une image de marque fondée sur leur sens du devoir envers leur nation. Ce sont souvent des ressortissants du pays qui débordent de nostalgie pour leur culture d'origine.

    J'ai l'impression que la propagande de l'art conçu telle une entreprise de diffusion, est à la quête de la culture des sens, conclut Badiعa.

    Ah!, le besoin de l’authenticité, dit quelqu'un, ça stimule les nostalgiques de la vieille époque.

    Vous savez!?, rappelle mon interlocutrice, nous avons un riche patrimoine de chansons typiques, authentiques d'auteurs incontournables comme Fouiteh, L°rarbaoui, L°bidawi....

    Sid Foulan et ses fans sont là pour ça, pour vous les recommander, vous les rappeler.

    Tu peux aussi faire partie de ces Faces de Bouc qui sont souvent adhérents à ces groupes, comme celui par exemple intitulé «Transcodeurs Sensibles», ou ''Fleurs du Mal'', (F. D. M) qui vous ajoutent à leurs cercles de membres motivés ou obligés de répondre brièvement afin de signaler juste votre présence et vos flatteries à La Fontaine, non pour figurer dans ''la Cour des Grands'' mais pour marquer votre aimable assiduité, votre soi-disant intérêt pour les graphies présentées en fleurs fleuries. Du passe partout quoi!

    Votre admiration est aussi convenue.

    Mais c’est normal! C’est convivial! La notion du partage de l’Art, de la Beauté et de l’Authenticité! C'est d’une noblesse!, s'extasie la jeune femme devant la Face Bleuie.

    Tu dois en faire ta propre mission comme quelqu’un qui dit: FB est un moyen d’évasion pour moi chercheur brillant à domicile, devenu quand même la star de l’intelligence, du raffinement culturel, dit-il: j’en ai fait ma mission de faire reconnaître nos peuples à ces racistes xénophobes qui doivent voir et savoir qui nous sommes, c’est nous la race élue!!!!

    C'est nous les Faces Bleues!!

    Lorsqu’on a plus de trois cents cinquante amis... (Mais, c'est rien!, remarque sa fille qui en a quatre mille trois cent-cinq). Badiعa parle d’elle, on peut quand même émettre un jugement et même tirer une conclusion à partir des activités médiatiques des uns et des autres, ceci se diffuse bien non?? Elle affirme que ce nombre ajouté à la liste des amis des membres de la famille, dépasse des milliers! Je n’ai pas fait ma petite enquête, dit la femme confusément, je furète, c’est facile de tomber sur des murs archi pleins d'informations de toutes sortes. Cependant, vas y voir, chez-nous, zéro commentaires aux écrits littéraires publiés! Les like se font surtout pour les tableaux ornés de paroles divines conformes au sacre de l'Unique le Grand, ou au look de certaines qui se font ressembler aux stars des chansons en vogue, et à celui des acteurs ou comédiens, ou à celui des célébrités de la mode.

    Je ne sais pas comment elles font! Leurs photos sont truquées?!

    Je trouve aussi parfois quelques réponses choquantes aux questions qui touchent des sujets anodins comme «l'amour qu'on porte à une femme nécessite de notre part du respect pour celle-ci» C'est choquant!, non?!! Comme si la femme ne serait respectée que si elle était aimée par une Face de Bouc! Vous devinez la suite...

    Et les réponses des fanes du Face-Bouc vont bon train. ''Oui''.. ''C'est vrai''.. ''En effet'' ''C’est super!''..''Merci cher, t’as raison'' Que des réponses aussi chouettes que la question qui les suscite.

    Arrête!, toi!..

    Laisse-moi divaguer comme d’autres…j’ai le droit de citer, non?!

    Autrement, continue Badiعa, chez nos bourgeois du FB, à mon avis, ces transmissions de plaisirs à partager dans la générosité du cœur et du bon goût, se mesurent surtout par le choix du soi-disant ''meilleur'' à offrir aux amis. C'est le choix des admirateurs de l’Art fascinant et sensationnel. C'est le choix judicieux des beaux morceaux de musique animée avec des paysages de rêve, juste pour dire ''Bonsoir ou Douce nuit'' avec des images de fleurs épanouies, des bouquets de baisers.

    C’est pour l’enchantement des sens sommeillant.

    Quel bonheur transposé en toute suavité fondant dans le cœur des ''branchés'' en quête de contacts savoureux!

    Quelle déception pour les ''en quête'' d’appréciations de qualité mettant leurs écrits à l’épreuve du tâtonnement auprès de lecteurs éventuels!

    Les commentaires réponses à rédiger sous forme de textes appréciatifs ou critiques sérieuses manquent affreusement. La réaction vive se limite tout au plus au nombre du pouce levé. Enfin des p’tits mots gentils de goûteurs potentiels qui s'expriment en.. ''Beau ! Sublime ! Magnifique ! Merciiii ! Wawwww.. !....'' C'est suivi d’une ribambelle de points d’exclamation sans plus. Les commentaires en lignes multipliées écrites rigoureusement semblent handicaper les Faces Béates.

     

    Aح!, les consultantes lectrices goûteuses potentielles de poésie de pros, on ne vous dira jamais merci!

    Heureusement qu’il reste la joie provoquée par le pouce levé.. !